

CHRONIQUE # 6
LE CHAUFFAGE À AIR CHAUD OU À PLINTHES ÉLECTRIQUES
? Au début des années 70, le mazout assurait le chauffage
d'environ 80% des logements québécois. La chaleur, produite
par un appareil central, était amenée dans les pièces
par des tuyaux d'eau chaude ou des conduits d'air. La poussée des
prix du pétrole et les politiques énergétiques favorisant
le remplacement du mazout par d'autres sources d'énergie, ont amené
au Québec le développement accéléré du
chauffage électrique pièce par pièce .
En quelques années seulement, les appareils de chauffage central
ont été déclassés au profit des plinthes électriques. Ce chauffage électrique de pièces avait et a encore certains
avantages sur le chauffage central : - dans leur version bas de gamme, les plinthes sont d'abord peu dispendieuses ; - elles sont ensuite faciles à installer et n'encombrent pas le plafond ni une partie du sous-sol ; - elles permettent, de plus, le contrôle indépendant de la température de chaque pièce ; - et exigent finalement très peu d'entretien. Depuis déjà quelques années cependant, la baisse
marquée des prix du pétrole, ajoutée à l'apparition
d'une nouvelle génération d'appareils de chauffage à
combustibles beaucoup plus performants, ont rendu le mazout particulièrement
avantageux pour le consommateur. Par sa tarification, Hydro-Québec,
au prise avec des pointes électriques importantes en période
de grand froid veut également amener les consommateurs à utiliser,
durant ces périodes, des sources de chauffage alternatives. Les effets combinés de ces divers éléments ont augmenté
beaucoup l'écart entre les coûts du chauffage électrique
et du chauffage au mazout, à l'avantage de ce dernier. L'un des problèmes
majeurs du chauffage à plinthes électriques est qu'il n'offre
aucun choix : le consommateur est menotté au fournisseur
d'électricité. Dans nos maisons super-étanches , la ventilation
générale ne se fait plus par l'infiltration naturelle. Afin
d'assurer une certaine qualité à l'air ambiant, le chauffage
à plinthes électriques oblige maintenant l'installation additionnelle
d'un système de ventilation mécanique souvent boîteux
et pas toujours très efficace. Un système de chauffage à plinthes électriques,
même complété d'un système adéquat de
ventilation indépendant, rend souvent difficile, voir impossible,
l'humidification adéquate de l'air trop sec des habitations bien
ventilées. Il en est de même de l'élimination par filtrage
des fines poussières en suspension dans l'air, ainsi que du contrôle
de la surchauffe des pièces exposées au soleil durant l'hiver.
Si l'on souhaite climatiser ces résidences durant l'été,
il faudra installer encore d'autres équipements parfois très
coûteux, souvent bruyants et qui ne donnent pas toujours tout le confort
souhaité. Les plinthes électriques ont donc comme fonction unique de chauffer
les pièces sans la possibilité de choisir la source d'énergie.
Au contraire, un système central de chauffage à air chaud
permet, en y ajoutant en options divers équipements et composantes,
de contrôler le confort thermique et la salubrité de l'air
de l'ensemble de la résidence. Il permet également de choisir
entre différentes sources de chaleur et même d'alterner dans
le cas des systèmes biénergies. Avec un système de chauffage à air chaud, en laissant le
ventilateur de l'appareil continuellement en marche à basse vitesse,
nous assurons une circulation constante de l'air dans la résidence,
éliminant la surchauffe dans certaines pièces, les excès
d'humidité dans d'autres et permettant un filtrage continuel de l'air
circulé. Avec une telle installation, il est également facile d'amener
de l'air neuf dans toutes les pièces. Il suffit simplement, pour
cela, de relier la gaine du retour d'air à une conduite débouchant
sur l'extérieur et de laisser le ventilateur de l'appareil de chauffage
en marche. Le maintien du taux d'humidité dans une résidence
devient également beaucoup plus facile en y installant, sur le conduit
de retour d'air, un humidificateur central. Il y a, bien sûr, des coûts supplémentaires et certaines contraites reliés à ces systèmes centraux. Nous y reviendrons. |
Pour nous rejoindre, vous pouvez communiquer avec nous à l'adresse suivante:
Camille Gagnon, Technologie de la mécanique du bâtiment
Pavillon Lionel-Gaudreau, Cégep
de Jonquière
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Cet article a été publié initialement dans le
CAHIER MA MAISON du PROGRÈS-DIMANCHE du 23 avril 1995.